Négocier ses frais bancaires est tout à fait possible pour un buraliste, à condition de connaître les bons leviers. Voici la méthode complète, avec des exemples chiffrés, pour préparer votre rendez-vous en banque.
Avertissement
Les chiffres et exemples de cet article sont donnés à titre indicatif et informatif uniquement, pour illustrer une méthode de calcul. Ils ne constituent pas un conseil personnalisé et ne sauraient engager la responsabilité de l’EDC. Chaque situation bancaire étant différente, il convient d’appliquer cette méthode à ses propres relevés de frais et à sa propre situation pour un chiffrage exact.
C’est une commission calculée sur le cumul des mouvements débiteurs du compte (règlements fournisseurs, prélèvements, charges), pas sur le chiffre d’affaires. On retient ici une base de 1 500 000 €, à ajuster avec les relevés réels.
La fourchette de marché habituellement observée va de 0,05 % à 0,30 %, avec parfois un minimum forfaitaire mensuel ou trimestriel.
Exemple chiffré, tranche haute de la fourchette :
Une réduction de 50 % sur ce poste n’a rien d’exceptionnel : c’est un des postes les plus négociables d’un compte professionnel.
Bon à savoir : certaines banques intègrent cette commission dans un forfait mensuel groupé plutôt que de la facturer en ligne séparée. Il faut donc toujours se renseigner sur l’existence de ce type d’offre packagée et comparer le coût total, pas seulement une ligne isolée.
Pour en savoir plus : comparatif des commissions de mouvement par banque
Ce taux ne figure dans aucune grille tarifaire publique : il est négocié individuellement, contrat par contrat, selon le volume et le profil du commerce. Le document fiable pour le connaître est le RAFEC (Relevé Annuel des Frais d’Encaissement Cartes), que la banque envoie chaque année au mois de janvier.
Comment calculer son vrai taux moyen sur les paiements par carte (à l’aide de votre RAFEC) :
Taux réel = Total des frais de carte prélevés ÷ Total des encaissements carte de l’année
Exemple chiffré (1 000 000 € encaissés par carte) :
Un buraliste qui paie 4 000 € de frais dans l’année sur 1 000 000 € encaissés par carte a un taux réel de 4 000 ÷ 1 000 000 = 0,40 %. C’est sur la base de ce chiffre, et non le taux affiché sur le contrat d’origine, qu’il faut comparer et négocier.
Des taux moyens observés sur des RAFEC réels de buralistes se situent plutôt entre 0,26 % et 0,40 %. Un objectif de négociation autour de 0,30 % est donc réaliste.
Le minimum de perception (un montant fixe facturé en dessous d’un certain seuil de transaction) est devenu rare aujourd’hui. Il reste néanmoins préférable de vérifier sur son RAFEC si sa banque l’applique encore.
Deux éléments distincts, calculés différemment, et négociables chacun séparément.
Les agios (intérêts sur le montant utilisé, au prorata du nombre de jours) :
Agios = montant utilisé x taux annuel x (nombre de jours d’utilisation ÷ 365)
Hypothèse retenue : découvert moyen de 10 000 € utilisé environ 15 jours/mois (180 jours/an).
La commission du plus fort découvert (calculée sur le pic de découvert atteint dans la période, pas sur la durée) :
Hypothèse retenue : pic de 10 000 € atteint chaque mois.
Total découvert (agios + commission plus fort découvert) : environ 255 €/an
Cela est valable uniquement sur un découvert autorisé. Si le découvert n’est pas autorisé, les frais explosent, avec des agios beaucoup plus élevés et des frais prélevés sur chaque opération. Si vous pensez avoir besoin d’un découvert autorisé, il est nécessaire de le négocier en amont et d’éviter au maximum de dépasser votre autorisation.
Ce total resterait un ordre de grandeur théorique, construit à partir d’hypothèses moyennes : il ne préjugerait en rien du résultat qu’obtiendrait un buraliste en particulier, qui dépendrait de son volume réel, de son historique de relation bancaire et de sa négociation.
Pour aller plus loin, consultez aussi notre guide de financement pour buralistes.